Modernisation de la consigne : une tournée pour préparer un « énorme changement »
L’Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB)/Consignaction était à Rivière-du-Loup et Rimouski lundi pour rencontrer acteurs municipaux, régies de traitements des matières résiduelles et détaillants de la région, afin de faire le point sur le chantier de modernisation du système de consigne entamé en novembre 2023 au Québec. À ce jour, 50 boutiques Consignaction et Consignaction+ ont été construites dans la province. Ce sont des espaces de type boutique pour le retour de contenants consignés à l'unité, mais permettant aussi le dépôt express de sacs transparents de 250 contenants non triés. Les boutiques Consignaction et Consignaction+ permettent de retourner les contenants en vrac plutôt que de les insérer un à un dans une machine. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Daniel Mailloux À ce jour, la boutique la plus proche du Bas-Saint-Laurent est à Montmagny. La région verra cependant bientôt ses premières boutiques Consignaction et Consignaction+, notamment à Rivière-du-Loup et Rimouski. L’Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB)/Consignaction était à Rivière-du-Loup lundi. Photo : Radio-Canada / Veronique Duval Jean-François Lefort, vice-président affaires corporatives de l'AQRCB/Consignaction, veut prendre le pouls du milieu pour identifier les meilleurs sites afin de répondre aux défis particuliers de la région. Notre système doit répondre aux besoins provincial, régional, mais aussi très local. Donc, comment est-ce qu'on arrive à adapter ce standard à travers la province sans tomber dans le one fits all? Il précise que la machine dans laquelle on insère les contenants d'aluminium, et depuis le 1er mars, les contenants de plastique, ne va pas disparaître du jour au lendemain. Jean-François Lefort, vice-président affaires corporatives de l'AQRCB/Consignaction. Photo : Radio-Canada / Veronique Duval Selon lui, il y aura une complexité jamais vue avec la phase trois de la modernisation du système de consigne, prévue à partir du 1er mars 2027. Il estime que le plus gros défi sera de changer les habitudes des gens. Voici les types de contenants qui sont consignés au Québec en date d'aujourd'hui. (Photo d'archives) Photo : Consignaction L’autre nerf de la guerre sera de vider rapidement les points de dépôts. L’accessibilité demeure l’une des préoccupations numéro un des acteurs du milieu. Avec la construction de points de dépôt Consignaction, certains dépanneurs et petites épiceries ne reprendront plus certains contenants. La machine dans laquelle on insère les contenants d'aluminium, et depuis le 1er mars, les contenants de plastique, ne va pas disparaître du jour au lendemain, bien qu'elles pourraient changer de lieu. Photo : Radio-Canada / Veronique Duval Même son de cloche pour Louise Acoulon, agente de sensibilisation et d’accompagnement pour la Régie intermunicipale de gestion des déchets du Témiscouata. Avant le 1er mars 2025, les bouteilles d'eau en plastique n'étaient pas consignées. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Mme Acoulon compte suivre le processus de près pour que sa population ne soit pas oubliée dans ce grand virage. Pascal Tremblay ajoute qu’une autre préoccupation de la Ville c’est que les déchets, quels qu’ils soient, aillent au bon endroit. Le carton multicouche, comme celui dans lequel on achète le lait, sera consigné à partir du 1er mars 2027. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Du côté de l’organisme Collectivités écologiques Bas-Saint-Laurent (Co-éco), dont la mission est notamment l’information et la sensibilisation, on pense qu’il faudra adapter le message à chaque réalité régionale. Au final, l'organisme vise à ce que 90 % de la population québécoise soit à moins de 15 minutes d’un des 1200 lieux de retour prévus au Québec, que ce soit une boutique Consignaction, un kiosque Consignaction ou un détaillant participant. Québec vise la consignation de cinq milliards de contenants chaque année, avec un taux de récupération de 90 % d'ici 2032.Changement drastique
, énorme changement de comportement
, ce sont les qualificatifs que l'OBNL mandaté par Québec pour opérer la modernisation du système de consigne a utilisés pour parler des prochaines étapes du grand chantier en cours depuis l'automne 2023.

Changements de lieux
Elle va peut-être changer d'endroit, changer de place vers quelqu'un qui peut recevoir le volume qui s'en vient
, explique-t-il en indiquant que la réponse des citoyens est extraordinaire avec 130 millions de contenants qui ont déjà été rapportés avec l’élargissement de la consigne à tous les contenants de boisson en plastique de 100 ml à 2 litres depuis le 1er mars 2025.
On aura du verre et des cartons de lait et de jus, qui sont une nouvelle matière entièrement. Il va falloir des gens en mesure d’offrir le service aux citoyens, d’accueillir le volume et une stratégie de communication ciblée et progressive pour chaque région pour que le citoyen embarque.

Il faut y aller très rapidement et faire en sorte qu'on minimise les impacts partout, sur tout le monde, justement parce que le système qu'on met en place va être là pendant des générations.
C'est un énorme changement. Avec ce changement, le gouvernement a placé le Québec en tant que leader au monde pour tout ce qui est système de consigne
, affirme-t-il en déclarant que plusieurs provinces et pays ont le regard tourné vers le Québec présentement.Le défi de l’accessibilité
Il faudra prendre en compte le fait que certaines personnes ne pourront pas se déplacer au point de dépôt. Comment répond-on à ces gens-là? Ça va être tout un défi pour les gens, Consignaction et la Ville
, estime Pascal Tremblay, directeur des communications pour la Ville de Rivière-du-Loup.
On est content que Consignaction veuille être proche et accessible, parce qu’actuellement, pour les petits villages dans le transcontinental, ce n’est pas accessible: il y a une gobeuse aux 30 minutes de voiture
, explique-t-elle.Avec le processus en cours, les gens en ville comme à Témiscouata-sur-le-Lac, Cabano, Notre-Dame-Du-Lac, ils vont probablement avoir un accès facilité, mais dans les petits villages comme Auclair, s’il faut rouler 30-40 minutes pour avoir accès, ça risque de "flopper".

Un défi de communications
On doit s'assurer que les communications sont bonnes, que les gens comprennent ce qui est attendu d'eux, mais aussi que les moyens soient mis en place pour que cette transformation se fasse, que ce soit le bac brun, que ce soit le bac bleu et là dans ce cas-ci la consigne
, estime-t-il.
Ça va vraiment être de marteler le message sur les nouveautés, quel contenant est maintenant consigné, ce qu’on peut rapporter et surtout où on peut le rapporter
, estime Sophie Vachon, directrice du développement des affaires chez Co-éco.
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